Olivier Messiaen



La musique d’inspiration mystique nous amène à Messiaen, héritier de Tournemire.

Sans Tournemire, il n’y aurait sans doute pas eu le Messiaen que nous connaissons.

Vous l’avez connu personnellement ?

Oui, mais pas intimement. J’ai joué sa musique. Pas assez, mais je l’ai jouée. Dès que vous prononcez ce nom-là...

Que vous vient-il en tête ?

L’idée d’une très forte personnalité, l’idée d’un langage extrêmement personnel, mais qui systématisait un peu la musique. Sa personnalité est phénoménale. Il a tout fait dans sa vie, cet homme-là. Il a été professeur d’harmonie au Conservatoire. Sa pédagogie était très spéciale. Il demandait à ses élèves de faire des curiosités pour le moins insolites. Il donnait des devoirs d’harmonie à faire à la manière d’un ancien, à la manière d’un romantique et aussi… à la manière de Messiaen. Cela n’a pas été toujours une réussite parce qu’il fallait que les élèves qui suivaient la classe d’harmonie soient capables de travailler à la manière de Messiaen.

Il a apporté un message pédagogique ?

Il a apporté cela, et plus que cela. Il a été aussi nommé professeur d’analyse au Conservatoire. Et je crois que c’est là qu’il a donné, du point de vue de l’enseignement, sa pleine mesure. Il paraît que son analyse de Pelléas et Mélisande de Debussy était phénoménale. Il chantait, il expliquait, il jouait, il paraît qu’il fallait s’accrocher pour le suivre. Il a donné aussi, je crois, le même traitement au Sacre du Printemps . Il a analysé d’autres œuvres également. Peut-être que Boris Godounov était du nombre. Parmi tous ceux qui ont passé par cette classe-là, il y avait des Québécois.

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